Phobos

Auteur : Victor Dixen

Genre : Littérature Youg-Adult

Date de publication : 2015

Editeur : Robert Laffont

Pages : 433

 

 

 

Résumé :

Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter.

 

Mon avis :

Encensé par les lecteurs, ce premier tome a su ravir par l’univers qu’il propose. Grâce à un mélange dosé de littérature Youg-Adult, de romance, de réel et de fantastique, Phobos est un roman qui se démarque. Six filles et six garçons ont été sélectionnés pour participer à un long voyage en direction de Mars. Leur objectif : s’assembler, créer six couples et conquérir la nouvelle planète. Tout cela sous les yeux du monde entier, grâce à des caméras omniprésentes.

Le programme Genesis fonctionne comme une émission de télé-réalité : voyeurisme, argent, manipulation… Tous les ingrédients sont présents pour concocter une dénonciation de ce genre d’émission très en vogue à l’heure actuelle. Toutefois, cette incrimination est élaborée de façon très subtile, voire invisible. La fiction et la dimension fantastique du récit sont mises sur le devant de la scène dans un objectif de divertissement. Les différentes réactions des téléspectateurs ou des personnages, notamment celles de Serena l’investigatrice du programme, attisent petit à petit la méfiance du lecteur. Derrière l’euphorie et la naïveté de chacun, on peut apercevoir les rouages de la télé-réalité qui ne profitent pas à ceux que l’on croit.

 

 

Dès le début du récit, les personnages sont confinés dans un espace en huit-clos ce qui, une fois l’euphorie du départ passée, crée une tension omniprésente. Les sexes sont séparés, et nous n’avons accès qu’au compartiments des filles, dans la mesure où le point-de-vue dans le vaisseau est restreint à Léonor. Quelques particularités romanesques ancrent le récit dans le genre Young-Adult, telles que l’emploi de la première personne permettant une immersion complète du lecteur à bord de la navette, ou encore le triangle amoureux qui revient comme un thème lancinant dans cette littérature. Heureusement, ce dernier est traité en arrière-plan, ce qui évite une lassitude de la part du lecteur. Celui-ci possède un avantage sur la jeune femme : la duplicité. Grâce à une multiplicité des point-de-vues, il est également sur Terre et a accès aux pensées de plusieurs personnages clés du roman. Contrairement à Léonor et aux autres prétendants, le lecteur sait ce qui les attend à l’issue du voyage. Mais tout n’est pourtant pas dévoilé dès les premières pages du livre, ce qui laisse une certaine part de suspense jusqu’à la scène finale.

Phobos est un roman qui comporte de nombreux personnages aux portraits très diversifiés. Chaque prétendant a été sélectionné pour une bonne raison qui prend une grande importance au fil du récit. Parfois proches de la caricature au début de l’intrigue, ils s’en éloignent au fur et à mesure, chacun se révélant en situation de crise. Même l’héroïne Léonor se dévoile : le lecteur en sait beaucoup sur ce personnage grâce à l’emploi de la focalisation interne et, pourtant, certains de ses agissements demeurent incompréhensibles. Aucun personnage n’est parfait : les nuances présentes en chacun sont plaisantes et permettent une certaine vraisemblance. Jusqu’à la fin, Phobos nous réserve encore des surprises !

L’écriture fluide de Victor Dixen nous permet d’entrer aisément dans l’univers original peint dans ce premier tome. Sa plume n’est pas dans la recherche ou la virtuosité de style, ce qui permet une lecture agréable et divertissante, possible à tout âge.

 

Conclusion :

Un roman audacieux et réussi, qui propose un univers unique. Sous une couverture jeune et divertissante, Phobos peint en réalité les travers d’émissions télévisées empreintes de voyeurisme et manipulatrices. La virtuosité de ce premier tome se trouve dans la création d’un monde original et passionnant : on a hâte de découvrir la suite !

 

3 comments

    • Eco says:

      La suite attend bien sagement dans ma librairie. Je n’ai malheureusement pas le temps de la lire dans l’immédiat, pourtant ce n’est pas l’envie qui manque !

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