Journal d’un vampire en pyjama

Auteur : Mathias Malzieu

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Éditeur : Albin Michel

Pages : 230

 

 

 

Résumé :

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

 

Mon avis :

Avec Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu signe une œuvre en marge de ses livres précédents. On retrouve la patte poétique chère à la plume de l’écrivain, mais modelée dans un essai qui traite d’un sujet aussi sombre que lumineux. Journal d’un vampire en pyjama raconte une histoire réelle, celle de l’auteur, que la vie semble avoir abandonné le temps d’un long instant. Ainsi, Mathias Malzieu nous livre le témoignage d’un homme rescapé qui, grâce à la générosité et la force de son entourage, a retrouvé le goût de vivre.

Cet essai est construit comme un journal de bord : le narrateur/auteur note au fil de ses jours d’hospitalisation son ressenti, ses pensées, vis-à-vis de cette expérience de la maladie. Il ne s’en cache pas : l’écriture agit comme un besoin, une arme salvatrice là où son corps semble l’abandonner. Que la forme soit musicale ou littéraire, l’acte de création est nécessaire à la survie de cet homme empli de désespoir.

 

 

Néanmoins, Mathias Malzieu ajoute sa signature artistique à cette matière première, à savoir la poésie. Épaulé par le grand Walt Whitman qui ne quitte pas sa table de chevet, les mots s’agencent de telle façon qu’on retrouve immédiatement la plume musicale et poétique de l’auteur, malgré un sujet bien différent de ses précédents romans. La dimension autobiographique qui peut être parfois lourde et maladroite chez certains écrivains est ici gérée de façon subtile et lumineuse, malgré un thème tragique. Avec Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu nous réconcilie de façon prodigieuse avec le genre de l’autobiographie. Tel un marionnettiste, pourtant dépassé par les événements, il manipule avec délicatesse et intensité une foule d’émotions qui se répercutent directement sur le lecteur.

La maladie est au cœur de ce journal, mais ne plombe à aucun moment le récit. A l’aide de métaphores aux symboliques très fortes, le narrateur/auteur garde malgré lui une main mise sur l’évolution de son mal être. Il réalise également un jeu créatif sur le langage, avec la construction de mots valises tels qu' »appartelier », « Eggman » ou encore « homme-cordon ». L’image la plus forte du récit est Dame Oclès : symbole de la mort, cette femme désirable suit le narrateur comme un fléau prêt à frapper à tout moment. Loin d’attiser une certaine peur, ces images agissent comme des personnages fantômes et permettent une grande légèreté dans un récit pourtant très sombre.

 

Conclusion :

Malgré un sujet en marge de ses livres précédents, Mathias Malzieu signe une fois de plus une œuvre haute en poésie et en émotions. A travers Journal d’un vampire en pyjama, il nous livre un témoignage bouleversant sur la maladie et les réactions qu’elle suscite, autant chez l’entourage que chez soi-même. Un livre coup de cœur !

 

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