Inaccessibles

Auteur : Katharine McGee

Genre : Science-fiction

Date de publication : 2017

Editeur : Michel Lafon

Pages : 411

 

 

 

Résumé :

New York est à la pointe de l’innovation et du rêve. La ville est désormais une tour de mille étages où les plus aisés vivent à son sommet. Tout semble parfait, lisse et idéal. Jusqu’au jour où une jeune femme tombe du millième étage…

Qui a pu accéder à cet étage? Meurtre ou accident ? Les suspects sont nombreux…

– L’image parfaite de Leda Cole cache une addiction à une drogue qu’elle n’aurait jamais dû essayer et à un garçon qu’elle n’aurait jamais dû toucher.

– La vie merveilleuse et sans problèmes d’Eris Dodd-Radson vole en éclats quand une horrible trahison brise sa famille.

– Le travail de Rylin Myer dans l’un des plus hauts étages la propulse dans un monde – et une histoire d’amour – qu’elle n’aurait jamais imaginé. Mais que lui coûtera cette nouvelle vie ?

Watt Bakradi est un génie de la technologie qui cache un lourd secret : il sait tout sur tout le monde grâce à une IA qu’il a créée. Pourtant quand il est engagé par une fille des étages supérieurs pour espionner un garçon, il se retrouve piégé dans une toile de mensonges inextricable.

– Et vivant au-dessus de toute cette agitation, Avery Fuller, génétiquement créée pour être parfaite. Celle qui semble tout avoir est pourtant tourmentée par la seule chose qu’elle n’aura jamais…

 

Mon avis :

Établi dans la même veine que la célèbre série Gossip Girl, ce roman pour adolescents présente une société future, gouvernée par la hiérarchie sociale aux dépends de l’humain. Tout fonctionne donc pour le mieux, surtout pour les plus riches hissés au sommet de la Tour, jusqu’au jour où un meurtre se produit. Le schéma narratif s’inscrit alors dans cette mouvance littéraire qu’on retrouve beaucoup à l’heure actuelle, à savoir une ouverture sur un drame. Inaccessibles se situe donc à la croisée des genres : enquête policière, roman de mœurs, récit pour adolescents, science-fiction… Autant de possibilités s’offraient donc à ce livre qui n’a malheureusement pas su susciter l’attention du lecteur.

Tour à tour, les personnages principaux prennent la parole sur le mode d’un discours interne et dévoilent ainsi le fonctionnement de cette société cantonnée à une immense Tour. La touche de science-fiction intégrée au récit est plaisante en ce sens que l’explication des codes n’est pas imposé au lecteur. Ce dernier comprend naturellement, au détour des dialogues et des situations, les codes sociaux, la place de chacun dans la hiérarchie de la Ville, ainsi que la complexité des relations entre tous les personnages. Car, même si certains l’ignorent encore au début du récit, tous sont liés d’une façon ou d’une autre, même ceux qui ne se sont pas rencontrés.

 

 

Cette petite dose d’omniscience accordée au lecteur est d’autant plus plaisante qu’il prend l’histoire en cours de route. C’est d’ailleurs l’un des atouts majeurs d’une construction en roman choral. Outre un rythme effréné qui dynamise et donne un certain souffle au récit, l’alternance des chapitres et des points-de-vues permet de connaître les forces et les failles de chaque personnage. Toutefois, ce sentiment de puissance à la lecture est finalement annihilé lors du final, à savoir le lever de voile sur le meurtre présent dans l’incipit. Cet élément initial du récit entièrement mis de côté pendant presque 400 pages au profit du reste de l’histoire…

C’est pourtant le principe même du roman policier qui est construit de cette manière : mettre en place une intrigue – qui se déroule donc avant le meurtre – pour petit à petit dévoiler le coupable et les raisons qui l’ont poussé à commettre un tel acte. Cependant, le crime n’est jamais entièrement mis de côté, si bien que le lecteur le garde toujours en mémoire jusqu’à la scène finale. Ce procédé romanesque efficace et nécessaire n’est pas utilisé dans le roman de Katharine Mcgee. Si bien qu’on oublie le véritable objectif du récit, à savoir démasquer le coupable. Il s’agit en réalité plus d’un roman de mœurs, qui met en avant les troubles sociaux imposés par une telle société hiérarchisée.

Comme les annonces l’avaient présagé, on retrouve effectivement une forte dose de Gossip Girl dans ce roman : quand les secrets prennent progressivement une telle ampleur qu’il devient impossible de s’en sortir indemne. Malgré ses limites très visibles dans la construction de l’intrigue, on peut reconnaître cette qualité à Inaccessibles : les tergiversations adolescentes sont mises en scène de façon moins superficielle que dans la série télévisée.

 

Conclusion :

Avec ce premier tome, Katharine Mcgee signe un récit maladroit dans sa construction narrative, laissant de côté l’objectif même de l’intrigue policière annoncée dans les premières pages. Malgré tout, Inaccessibles est un roman divertissant, qui met en scène de façon intelligente les relations parfois houleuses entre adolescents, et teintées de secrets aussi par les adultes.

 

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