Amelia

Auteur : Kimberly McCreight

Genre : Thriller

Date de publication : 2015

Éditeur : Le Cherche Midi

Pages : 523

 

 

 

Résumé :

New York. Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. Malgré un rythme professionnel soutenu, elle arrive tout de même à être à l’écoute de sa fille, une adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secret l’une pour l’autre. C’est tout du moins ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de St Grace, l’école d’Amelia. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle comprend vite qu’elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement.

Le désespoir laisse peu à peu place à l’incompréhension : pourquoi une adolescente en apparence si épanouie déciderait-elle de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable jusqu’au jour où elle reçoit un SMS anonyme qui vient tout remettre en question : « Amelia n’a pas sauté. » Obsédée par cette révélation, Kate commence alors à s’immiscer dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas aussi bien qu’elle le croyait. À travers les SMS, les mails d’Amelia, les réseaux sociaux, Kate va tenter de reconstruire la vie de sa fille afin de comprendre qui elle était vraiment et ce qui l’a poussée à monter sur le toit ce jour-là. Elle va devoir affronter une réalité beaucoup plus sombre que tout ce qu’elle a pu imaginer.

 

Mon avis :

A travers un récit à deux voix, Amelia se présente comme un thriller sombre sur l’adolescence. Le livre s’ouvre sur un drame en train de se produire : la tension monte, la voix de la mère aussi, et on se doute qu’il est déjà trop tard. Cette ouverture spectaculaire marque l’esprit qui sera celui de tout le roman, à savoir une ambiance opaque sur lit de troubles liés à l’adolescence. Tour à tour, nous avons accès à l’intériorité de Kate qui, convaincue que sa fille ne s’est pas suicidée, se lance dans une enquête obsessionnelle pour découvrir la vérité. Ces chapitres au rythme essoufflant alternent avec d’autres qui présentent le point-de-vue d’Amelia, avant le drame.

Deux portraits féminins sont ainsi peints, suivant deux psychologies diamétralement opposées : d’un côté la mère célibataire noyée sous le travail et qui tente tant bien que mal d’être à l’écoute de sa fille ; de l’autre une adolescente en recherche de repères, d’une stabilité familiale et émotionnelle, mais qui ressent le besoin de tester ses limites. La combinaison de ces deux point-de-vues confère au récit un rythme varié, à la fois haletant et reposant, et une ambiance de plus en plus sombre. L’écriture prend la forme de la voix qu’elle porte, littéralement dans le cas d’Amelia puisque certaines bribes de conversations par messages électroniques nous sont rapportées, ce qui nécessite de la part du lecteur une brève connaissance du « langage SMS », abrégé selon les sonorités des mots. Ce choix d’écriture est donc à double tranchant puisqu’il permet d’alléger un récit parfois lourd et très sombre, mais également de s’adresser à de jeunes lecteurs, sensiblement de l’âge de l’héroïne. Toutefois, cette force peut s’avérer être limitée, dans la mesure où elle laisse de côté d’autres lecteurs, moins sensibles à ce type de langage.

 

 

L’efficacité de la double narration, souvent utilisée dans les thrillers, n’est plus à prouver et pourtant, dans le cas d’Amelia, il ne semble pas éviter une certaine lourdeur à la lecture. Le style se répète – comme le principe romanesque l’exige – mais de façon trop longue, si bien que l’on penche plus pour un point-de-vue que pour l’autre. L’intérêt du personnage d’Amelia est sa position sociale : son adolescence difficile liée à un entourage absent ou néfaste la rend captivante. On découvre au fur et à mesure du récit le lycée dans lequel cette jeune héroïne évolue ; et les apparences cachent parfois une réalité plus sombre et fascinante.

Les thèmes du mal-être à l’adolescence et des sororités ne sont pourtant pas originaux, surtout dans la littérature contemporaine américaine. Et pourtant, la combinaison de tous ces mystères et d’une écriture adaptée à l’âge et la situation du personnage rendent la lecture attractive. Ce qui n’est malheureusement pas le cas avec Kate. Sa voix est portée sur le devant de la scène uniquement pour donner un cadre à l’autre récit, à savoir celui d’Amelia vécu en temps réel. Le lecteur mène donc l’enquête sur la mort de la lycéenne en même temps que sa mère, mais la psychologie de cette dernière n’est abordée qu’en surface, si bien que même la dernière partie du roman ne rend pas les révélations tant attendues surprenantes ou saisissantes.

 

Conclusion :

Un thriller qui met en scène de façon originale un thème déjà très visible dans la littérature, à savoir les violences psychologiques subies à l’adolescence. Malgré une ambiance oppressante jouissive et une écriture mimétique fluide, ce roman manque de profondeur et de surprise, et n’évite donc pas la peur de tout lecteur face à un livre : l’ennui.

 

La Fille du train

Auteur : Paula Hawkins

Genre : Thriller

Date de publication : 2016

Éditeur : Pocket

Pages : 456

 

 

 

Résumé :

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

 

Mon avis :

A cheval entre thriller et roman psychologique, La Fille du train se situe dans la lignée des Apparences de Gilian Flynn. On remarque dès les premières pages de nombreuses similitudes entre les deux récits : un couple en apparence idéal, bien sous tous rapports. Jusqu’à ce que la vitrine éclate. L’alternance des points-de-vues présente à chaque chapitre va également dans ce sens et permet de donner un rythme scandé à l’intrigue.

Toutefois, le roman de Paula Hawkins possède de nombreux éléments romanesques qui lui sont propres, à commencer par ses personnages. En face du couple idéal se situe Rachel, la figure même de l’anti-héroïne. En proie à de nombreux maux, la jeune femme est à la dérive, aussi bien dans sa vie professionnelle que sur le plan intime. Quelques passages du récit, se présentant comme des flash-back, permettent d’en savoir plus sur sa vie antérieure et donc de comprendre les raisons qui l’ont poussée à être ce qu’elle est aujourd’hui. Depuis que son mari l’a quittée pour une autre femme, Rachel semble combler le grand vide de son existence par l’alcool qui devient rapidement une addiction.

 

 

L’auteure joue alors sur ce point précis pour instaurer le doute dans la tête du personnage et dans celle du lecteur. Elle est le témoin clé d’une enquête et, pourtant, son comportement incohérent et obsessionnel la discrédite entièrement. Le doute s’installe et constitue ainsi la base de l’intrigue. Car, même si nous avons accès à l’intériorité d’autres personnages, Rachel reste la narratrice de l’histoire. Sa fragilité psychologique se révèle donc être un gros handicap pour le lecteur qui remet en question ses dires. Là encore, les apparences occupent une place primordiale. Mais nous savons que les apparences sont trompeuses, surtout lorsqu’elles sont vues par un personnage qui n’inspire pas confiance. C’est là que se situe le talent narratif de Paula Hawkins : faire douter pour mieux manipuler. Une fois le portrait de ses personnages dressé, elle amène un élément qui vient chambouler l’idée que le lecteur a pu se faire de tel ou tel protagoniste. Si bien que les hypothèses quant au coupable présumé vont et viennent sans qu’on sache qui a vraiment tué Megan Hipwell. Finalement, on soupçonne tout le monde, sauf le meurtrier.

La Fille du train est donc un roman psychologique réussi, porté par une écriture simple mais efficace. Le lecteur se laisse facilement berner, sans doute pour son plus grand plaisir. Le rythme imposé par la succession des points-de-vues vient se confronter à celui du récit, qui fonctionne en crescendo. Alors que la première partie élabore le paysage et le chaos intérieur des personnages, la seconde donne un coup d’accélérateur à une dynamique assez lente d’observation. Nous sommes dans la tête de Rachel ; cependant, il est difficile de donner du crédit ou même s’attacher à ce personnage à la dérive. Son histoire personnelle permet de comprendre son comportement, sans toutefois l’approuver. Cette partie initiale du récit est finalement portée exclusivement par les délires d’une alcoolique en proie à un profond mal-être. Puis cette dimension contemplative est rompue par la disparition d’un personnage, ce qui va dérouter le récit et faire débuter une intrigue quelque peu macabre. Là encore, il ne faut pas se fier aux maigres connaissances offertes par l’auteure : elles ne sont données que pour aguicher et mieux manipuler le lecteur !

 

Conclusion :

Un roman psychologique intense, frustrant, qui joue avec les émotions des personnages et, a fortiori, celles du lecteur. Entre manipulations et faux-semblants, ce récit d’apparences est une véritable réussite. On en ressort pas indemne !

 

Les apparences

Auteur : Gillian Flynn

Genre : Thriller

Date de publication : 2012

Éditeur : Le Livre de Poche

Pages : 687

 

 

 

Résumé :

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivé. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

 

Mon avis :

Adapté au cinéma en 2014 sous le titre Gone Girl, ce thriller psychologique est un best-seller encore aujourd’hui. Sa dimension universelle réside dans la banalité apparente d’une histoire qui, en réalité, est bien moins lisse qu’elle n’y paraît. Le roman se compose en trois parties, aussi uniques et surprenantes les unes que les autres, dans l’ambiance qu’elles proposent.

La première partie est introductive et présente le quotidien d’un couple de trentenaires traversant une période de trouble, aussi bien d’un point-de-vue financier qu’affectif. La description des obstacles qu’ils rencontrent donne lieu à un portrait de ces deux personnages. Au fil des pages, le lecteur croit donc connaître aussi bien la personnalité du mari un peu paumé et lassé des diverses contraintes du mariage que celle de la femme fatiguée mais compatissante. Toutefois, l’événement tragique qui survient très rapidement dans le récit, à savoir la disparition violente et inexpliquée d’Amy, pousse la police comme le lecteur à porter ses soupçons sur Nick qui semble peu touché par cette tragédie. Le talent narratif de Gillian Flynn réside justement en ce point : elle conduit la trame romanesque de façon subtile afin d’amener le lecteur à penser (et se tromper!) comme elle le souhaite. Elle manie aussi bien l’intrigue et ses personnages que son lectorat, si bien que le récit prend constamment des tournures inattendues.

 

 

Alors que la première partie peut paraître un peu longue, la deuxième arrive de façon soudaine. L’auteure opère un bouleversement narratif qui change radicalement le rythme de lecture. D’une ambiance banale et un peu pâteuse survient une tension palpable et une angoisse progressive. Ce changement brutal provient du portrait des personnages que l’on croyait avoir parfaitement cernés. Pendant les 300 pages précédentes, on s’habitue sans s’en rendre compte à une certaine lenteur dans l’écriture qui, bien qu’ennuyeuse à la lecture parfois, peut s’avérer très confortable. Bien qu’il comporte trois parties, le récit est construit de la même façon du début à la fin, c’est-à-dire selon une alternance régulière des points-de-vues entre Nick et Amy. Ce qui rend le retournement de situation caractéristique de la deuxième partie encore plus virtuose. Le lecteur a accès à l’intériorité des deux personnages et pourtant il découvre que, comme la police ou les médias, il s’est fait berner. On retrouve ici la dimension psychologique de ce thriller, puisque l’intérêt du roman réside plus dans la manipulation opérée par les personnages que dans la résolution d’une enquête, expliquée au lecteur à la moitié du récit.

La dernière partie du livre possède également un intérêt certain, bien qu’elle soit beaucoup plus concise que les deux précédentes. Elle contient en effet le fin mot de cette histoire aussi complexe qu’effrayante. Là encore, Gillian Flynn sait surprendre : le caractère sombre de l’intrigue nous amène à envisager de nombreuses hypothèses pour la conclusion de ce roman, qui n’a finalement rien de spectaculaire. On peut donc ressentir une petite déception face aux dernières pages de ce roman qui nous a tenu en haleine pendant un long moment de lecture. L’auteure a sans doute préféré privilégier l’effet de surprise et la vraisemblance du récit qui, une fois de plus, produit des sueurs froides au lecteur à partir d’une situation pourtant très calme.

 

Conclusion :

Un thriller psychologique très réussi. Gillian Flynn a su créer une intrigue en apparence très banale mais qui dissimule en réalité des portraits de personnages effroyables. Grâce à un sens subtile et efficace de la mise en récit, les jeux de manipulation dépassent le cadre du roman, suscitant ainsi des effets de surprise grandioses chez le lecteur. A lire !

J’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune avec Kathleen, du blog « A-livre-ouvert ». Voici son avis : http://a-livre-ouvert.cowblog.fr/les-apparences-gillian-flynn-3276710.html

 

Les anges de l’abîme

Auteur : Magnus Nordin

Genre : Littérature jeunesse, Thriller

Date de publication : 2014

Éditeur : Éditions du Rouergue

Pages : 342

 

 

 

Résumé :

Lorsque Alice fait sa rentrée au lycée de Fjärlunda, elle est tout de suite prise en main par une jeune enseignante sympa, Molly Zetterholm, qui semble très proche de certains élèves. Elle qui déménage sans cesse apprécie de ne plus être seule. Très vite, elle rejoint leur groupe secret, les Anges de l’abîme.

Car, dans cette ville en apparence tranquille, chacun a ses zones d’ombre. Fausses identités, pseudos : on ne sait jamais qui est derrière l’écran lorsqu’on tient une conversation en ligne…

 

Mon avis :

Avec ce nouveau roman, Magnus Nordin signe un superbe polar suédois, sur fond de problématiques adolescentes actuelles. Publié en 2014 aux Éditions du Rouergue, le livre traite d’un sujet sombre et délicat : la perversité de certains hommes, dissimulée derrière un écran d’ordinateur, face à l’insouciance de jeunes filles. Loin de dresser un portrait moralisateur de ces comportements, l’auteur met en avant la fiction : l’attention du lecteur est avant tout centrée sur l’enquête, qui le tient en haleine tout au long du roman.

Le récit s’ouvre sur le personnage d’Alice, une adolescente fraîchement débarquée à Fjärlunda et qui semble avoir un passé trouble. Traquée par un père autoritaire et violent, Alice et sa mère déménagent et changent régulièrement d’identité. Malgré tout ces événements difficiles, la jeune femme fait preuve d’une grande maturité, si bien que les rôles mère / fille semblent souvent s’inverser. Toutefois, son intégration dans un énième lycée se passe relativement bien : Alice est vite prise sous l’aile d’une jeune enseignante, Molly, qui l’invite à rejoindre un groupe de parole particulier. Elle se retrouve alors embrigadée dans un groupe secret : les anges de l’abîme. Avec l’aide de son professeur et de deux autres adolescents, ils répondront ensemble à un objectif : rendre la justice là où la police a échoué, faute de preuves.

 

 

Le suspense n’est pas une des caractéristiques de ce polar, et pourtant la tension est palpable tout au long du roman. Le point-de-vue change de façon assez régulière, dans un récit à la troisième personne, ce qui permet un rythme de lecture soutenu. De fait, on ne s’attache à aucun personnage et pourtant on ne parvient pas à refermer ce livre. Tel un marionnettiste, l’auteur joue avec ses personnages, contrairement au lecteur qui parvient rapidement à relier les morceaux du puzzle pour résoudre l’enquête. Toutefois, la tension et l’ambiance oppressante de l’intrigue sont telles qu’on est pris dans un tourbillon angoissant, comme la plupart des personnages. Les événements se succèdent de façon rythmée, les masques tombent progressivement, si bien que certaines figures du récit se dévoilent de façon inattendue. On ressort essoufflé de ce roman qui, malgré sa longueur, se dévore en quelques heures.

 

Conclusion :

Par les problématiques adolescentes qu’il pose, ce nouveau livre de Magnus Nordin rentre parfaitement dans la collection sombre des Éditions du Rouergue ; et pourtant la virtuosité de l’écriture et la dimension « polar » lui permettent de se distinguer. Conduit par des personnages intenses et une intrigue originale, Les anges de l’abîme ne laissera aucun lecteur indifférent. A lire !

 

A pile ou face

Auteur : Samantha Bailly

Genre : Thriller

Date de publication : 2013

Éditeur : Rageot

Pages : 248

 

 

 

Résumé :

Emma n’en croit pas ses yeux quand elle reçoit un mail de son frère Maxime.
Impossible ! Absolument impossible !
Les images du passé s’impriment sur sa rétine.
La voiture de Maxime. L’accident.
Les secours qui évacuent son corps sans vie.
Emma s’éloigne de l’ordinateur. S’approche à nouveau.
Ses doigts tremblent. Une pression de l’index.
Le message s’ouvre…
Et si soudain, vous pouviez prévoir l’avenir?

 

Mon avis :

Avec ce roman jeunesse, Samantha Bailly signe son premier thriller. Un univers unique qui joue de façon ambivalente avec les codes de ce genre littéraire. Alors qu’elle tente de se remettre tant bien que mal de la mort de son frère, Emma reçoit un mail de celui-ci. Entre tristesse et choc, elle décide finalement de connaître les derniers mots de Maxime et met sans le vouloir le doigt dans un engrenage dans lequel il semblait s’être perdu.

Grâce à l’usage de la focalisation interne, le lecteur découvre en même temps qu’Emma le secret de son frère : une organisation secrète basée sur un livre qui permettrait de connaître l’avenir. Emma est d’abord sceptique, mais elle change vite d’avis devant les résultats obtenus. Comme son frère, elle semble posséder un don pour interpréter les prédictions de ce mystérieux objet.

Le récit est à la croisée des genres : entre littérature jeunesse, thriller et science-fiction, le lecteur avance pas à pas dans cette histoire, à laquelle il prend part malgré lui. La plume à la fois agréable et intense de Samantha Bailly renforce cette impression de proximité avec l’héroïne et de partage de ses sentiments. Les schémas qui accompagnent le texte sont également intéressants : ils permettent d’aérer un texte, avant tout destiné aux jeunes lecteurs, mais aussi d’illustrer les concepts de la société secrète, parfois obscurs pour tout novice, comme Emma.

La dimension thriller inhérente au texte est ficelée de façon subtile, comme souvent dans les livres de Samantha Bailly. Le lecteur avance dans l’enquête de façon obscure, comme l’héroïne, à tel point qu’il ne sait pas vers qui porter sa confiance. Cet effet romanesque créé alors une ambiance particulière, très sombre à certains moments du récit. Quant à la fin du roman, le dénouement est bien réalisé : même si l’enquête ne se résout pas de magistrale, l’effet de surprise est bien présent.

 

Conclusion :

Un roman jeunesse bien ficelé, alliant avec subtilité suspense et sortie du deuil, dans la période déjà compliquée qu’est l’adolescence. Un bon thriller à lire !