A la place du coeur

Titre : A la place du coeur

Auteur : Arnaud Cathrine

Genre : Littérature Young-Adult

Date de publication : 2016

Editeur : Robert Laffont

Pages : 252

Résumé : Six jours dans la vie de Caumes qui vit son premier amour.

Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l’effroi.

Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu’une chose : à la fin de l’année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un « plus si affinités »…

Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s’annonce et la perspective obsédante de la « première fois ». Sauf que le lendemain, c’est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l’entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes…
À la place du coeur, c’est ça : une semaine, jour après jour, et quasiment heure par heure, à vivre une passion sauvageonne et exaltante ; mais une semaine également rivée sur les écrans à tenter de mesurer l’horreur à l’oeuvre, à tenter de ne pas confondre l’information en flux continu avec un thriller télé de plus. Comment l’amour (qui, par définition, postule que « le monde peut bien s’écrouler ») cohabite-t-il avec la mort en marche ? Comment faire tenir ça dans un seul corps, dans une seule conscience ? Comment respirer à fond le parfum de la fille qu’on aime et comprendre, dans le même temps, que le monde qui nous attend est à terre ?

 

Mon avis : Sujet sensible, sujet à risques, le terrorisme envahit nos villes, nos pensées, notre culture. Et pourtant, il demeure peu visible dans notre littérature, spécifiquement à l’égard du jeune public. Comment transmettre ce phénomène qui agite notre société quand nous-même ne le comprenons pas ? Là est le pouvoir de la fiction.

Déjà connu pour bousculer les consciences et parler de sujets épineux, Arnaud Cathrine emploie dans ce roman pour grands enfants et adolescents des mots bruts, un niveau de langue familier mais adapté pour parler avec douceur et sensibilité d’un thème d’une grande violence.

En confrontant son narrateur à un événement que bon nombre d’adolescents vivent à cet âge (à savoir les premières expériences amoureuses), l’auteur allège un récit qui aurait pu s’avérer très lourd, de forme comme de sens. Vie et mort se côtoient alors dans la vie du jeune Caumes qui, désemparé, éprouve une culpabilité certaine à être heureux dans un tel moment d’effroi. Car, comment élaborer la construction de son identité quand celle de son pays est remise en question ?

Violence physique, violence psychique, violence verbale : les événements s’enchaînent et les comportements changent. Un troisième élément du récit vient bouleverser ce jeune garçon qui peine à donner un sens au chaos qui se forme autour de lui. Parallèlement à son histoire d’amour naissante, Caumes voit un de ses liens d’amitié se tordre. Il n’est pas le seul à se chercher, à difficilement trouver une identité qui lui soit propre.

Néanmoins, le parcours de son ami Hakim semble plus compliqué à tracer encore, et établit (indirectement peut-être) une illustration parfaite de la violence à grande échelle dans laquelle la France bascule à cet instant. Le jeune homme se retrouve au cœur d’une intimidation lancée par un groupe de lycéens : avec un prénom d’origine arabe, une sagesse d’esprit et une identité sexuelle encore très floue, Hakim semble être la cible parfaite pour Kévin et son groupe, les kaïds du lycée. Sans doute une manière pour l’auteur d’exprimer un appel à la tolérance, de montrer que les rôles de victimes et de bourreaux peuvent à tout moment s’inverser, y compris dans un milieu protégé comme le cadre scolaire.

A l’image de son frère, Caumes veut s’inscrire dans le grand chamboulement politique qui transperce le pays. Mais comment trouver sa place dans toute cette agitation politique à laquelle même les adultes semblent ne rien comprendre, outre la violence et le danger qui en découlent ? L’occasion pour Caumes et ses amis de compter et d’agir sans l’accord de leurs parents respectifs. Car c’est aussi cela grandir : se construire une identité de corps, de cœur et d’esprit ; les événements tragiques ne faisant que faire basculer plus rapidement les adolescents de l’innocence de l’enfance à la gravité de l’âge adulte.

 

Conclusion : A travers une écriture ultra-contemporaine et mimétique du langage adolescent, Arnaud Cathrine réussit à mettre les mots et l’esprit sur une page sombre de notre histoire. En croisant plusieurs événements apparemment sans lien direct entre eux, il dresse un roman clé sur la tolérance et la construction de l’identité dans un monde chaotique, incompréhensible, quoi que toujours rattaché à la vie.

Animale

Auteur : Victor Dixen

Genre : Littérature jeunesse, fantasy

Date de publication : 2015

Editeur : Gallimard (pôle fiction)

Pages : 544

 

 

 

Résumé :

Et si le conte le plus innocent dissimulait l’histoire d’amour la plus terrifiante ?

1832. Blonde, dix-sept ans, orpheline, vit depuis toujours dans un couvent, entourée de mystères. Pourquoi les sœurs l’obligent-elles à couvrir ses cheveux d’or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes noires ? Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé ? Quelle est la cause de ses évanouissements fréquents ?

Blonde est différente et rêve de se mettre en quête de vérité. Alors qu’elle s’enfuit du couvent pour remonter le fil du passé, elle se découvre un côté obscur, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.

 

Mon avis :

Au cœur des réécritures de contes se trouve celle de Victor Dixen sur l’histoire bien connue de Boucle d’or et les trois ours. Librement adapté de la culture populaire, le récit de Blonde, jeune femme de dix-sept ans recluse dans un couvent, navigue entre lieux-communs (transportés par des extrait originaux du conte qui inaugurent chaque partie du roman) et univers fantaisiste, à cheval entre réalité et imaginaire.

Le secret d’une réécriture réussie réside justement en ce point : loin de reprendre le texte original comme élément de base, le nouveau récit fonctionne par clins d’œil à l’intention du lecteur. Inutile d’indiquer, en notes de bas de page par exemple, les références présentes dans le texte, c’est l’avantage des contes populaires : tout le monde les connaît.

L’auteur construit donc une histoire à part entière à laquelle se mêle en arrière-plan celle plus ancienne de Boucle d’or. On remarque même, au détour d’une phrase, d’une situation, une autre histoire traditionnelle qui pourtant ne sera pas développée comme la précédente. Car Animale est aussi le récit des dualités : couvent/extérieur, famille riche/orpheline pauvre, bonté/aigreur… belle/bête. Toutefois, le mélange des contes reste de l’ordre de l’évocation, en bas fond, évitant ainsi un surdosage inutile de références venant noyer l’histoire principale.

 

 

La qualité de cette réécriture se dévoile tout au long du livre, et notamment à la fin : la résolution du nouveau récit vient également résoudre l’ancien. Conte populaire et conte contemporain se rejoignent pour donner une nouvelle clé de lecture : et si l’histoire tant connue de Boucle d’or était en réalité bien différente ? A force de rebondissements en tous genres, Victor Dixen a une fois de plus su jouer avec son lecteur et, par ce biais, le convaincre de sa grande maîtrise de la narration. On se laisse rapidement embarquer par cette histoire que l’on redécouvre à la fois avec plaisir, compassion et terreur.

On retrouve les protagonistes du conte original – Boucle d’or, les trois ours – auxquels viennent se greffer d’autres personnages, en lien plus ou moins étroit avec Blonde, la nouvelle Boucle d’or. L’auteur reprend les caractéristiques physiques et comportementales de ces grandes figures et se sert d’un détail sur lequel baser et développer le nouveau récit. Tout le monde connaît la chevelure blonde et soyeuse de Boucle d’or. Mais qui se souvient de la couleur de ses yeux ? Victor Dixen se sert adroitement de cette spécificité physique pour axer son récit. N’en ayant pas pris connaissance dans le conte original, personne ne viendra la contester, et alors le doute s’installera.

 

 

Écrit et publié avant sa grande saga Phobos, Animale comporte de nombreuses caractéristiques narratives et formelles qui participent au style de l’auteur. Outre une maîtrise du rebondissement et des effets de suspense, plus discrets mais néanmoins présents en fin de chapitre, Victor Dixen construit un univers imaginaire foisonnant.

L’histoire s’ouvre sur une réalité calme, respectable, ennuyeuse : une jeune femme dans un couvent, entourée pa des adultes extrêmement rigides et un quotidien minutieusement millimétré. Jusqu’à ce qu’un élément impromptu vienne rompre cette situation initiale si dangereusement paisible. La machine est lancée : l’héroïne se retrouve confrontée à un passé mystérieux qu’elle découvre à force de rebondissements, en même temps que le lecteur.

Comme dans Phobos, on découvre au fil des pages des personnages d’une richesse insoupçonnée, qui se dévoilent petit à petit. L’alternance des points-de-vues rythme également le récit, bien qu’elle soit moins imposante dans le cas présent. On découvre néanmoins quelques pans de l’intériorité de Gaspard, apprenti sculpteur, qui se retrouve lui aussi embarqué dans un tourbillon de rebondissements, malgré lui. Grâce à l’effleurement de ses pensées, la romance entre les deux personnages se construit subtilement, ce qui les rend d’autant plus attachants et surtout humains.

 

Conclusion :

Une fois n’est pas coutume, Victor Dixen épate et émerveille avec un univers à la croisée des genres : réécriture de conte, récit fantastique, roman d’apprentissage… On ne saurait définir ce livre qui nous entraîne dans les méandres d’une histoire que l’on croyait connaître par cœur. Reste à savoir si le deuxième tome voguera sur la même qualité d’écriture qui n’est pourtant plus à prouver !

 

Songe à la douceur

Auteur : Clémentine Beauvais

Genre : Littérature jeunesse

Date de publication : 2016

Éditeur : Sarbacane

Pages : 240

 

 

 

Résumé :

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon.

Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer.

Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

 

Mon avis :

Songe à la douceur : ce titre prend une allure d’impératif une fois le livre refermé. Cette douceur qui aurait pu faire basculer le cœur de celle qui, autrefois, fut rejetée. Avec ce nouveau roman, Clémentine Beauvais signe son entrée dans la cour des grands. Car, même s’il n’est pas classé parmi les adultes, ce livre ne s’adresse pas seulement à ces adolescents qui, peut-être, ne percevront pas toute la magie et le désespoir que comporte cette histoire d’amour impossible. Mais sans doute est-ce là la force de la littérature jeunesse, parfois plus forte et lancinante que ne peuvent l’être certains romans écrits pour les grands. Une chose est sûre : ce long poème que nous offre Clémentine Beauvais restera longtemps gravé dans nos mémoires.

Cette histoire est celle d’une rencontre fortuite, incongrue, tout sauf romantique. Eugène et Tatiana sont là pour accompagner leurs deux amis, follement amoureux. Tenir la chandelle à deux, pourquoi pas. Ils apprennent à se connaître au détour d’un café, d’une réception, d’une promenade à quatre. Le charme s’opère sur la jeune Tatiana, mais fait fuir son compagnon d’infortune. « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans » : Eugène le sait, le vit, et s’en mordra les doigts dix ans plus tard… Tatiana, blessée et malheureuse, vit alors son premier chagrin d’amour. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’auteure effectue des sauts dans le temps aux moments opportuns du récit et joue ainsi avec la frustration du lecteur. Il faudra attendre plusieurs pages avant d’apprendre que la jeunesse des deux personnages ne fut pas la seule raison de leur échec amoureux. Au détour d’une conversation entre adultes, le roman prend alors une tournure bien plus dramatique que prévu.

 

 

Songe à la douceur célèbre donc l’amour, mais également la maturation d’un homme et d’une femme séparés par la fougue que fut leur jeunesse. Clémentine Beauvais dessine le portrait d’un quatuor contraire, mais complémentaire. Alors que le premier duo est amoureux, passionné, frivole ; le second est distant et introverti. Mais un saut de dix années dans le temps semble changer beaucoup de choses : on retrouve Tatiana et Eugène, jeunes adultes et transformés. Elle est indépendante, gracieuse, plongée dans une thèse artistique ; lui a perdu toute frivolité, est un homme d’affaire ennuyeux, mais retrouve un éclat et une insouciance au contact de celle qui, autrefois, le laissait de marbre. Les retrouvailles de ces deux personnages se réalisent comme une danse, celle de la passion oubliée, fragilisée par un secret inconnu pour le lecteur. Cette danse verbale est d’autant plus belle qu’elle est mise en lumière par l’écriture visuelle de l’auteure. On entend la musique au travers des mots : celle à la fois légère et onirique mais qui, à la seconde d’après, sombre dans un jeu de percussions qui prend aux tripes. Le barrage que pourrait constituer une écriture en vers libres à la lecture prend alors tout son sens ; et va même au-delà : elle devient indispensable.

 

Conclusion :

Un roman surprenant, à la fois délicat et passionné, sur une histoire d’amour que le temps et la jeunesse ont émiettée. Clémentine Beauvais a réussi le pari de dépoussiérer la poésie pour la mettre au service d’une problématique aussi complexe que passionnante : le passage à l’âge adulte. Le coup de cœur de cet hiver !

 

Miss Peregrine

Auteur : Ransom Riggs

Genre : Littérature fantastique

Date de publication : 2012

Éditeur : Bayard

Pages : 432

 

 

 

Résumé :

Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

 

Mon avis :

A la croisée des chemins entre réalité et surnaturel, ce premier opus de la célèbre saga pour adolescents excelle dans la mise en scène d’un univers original, aux allures sombres et envoûtantes. De la même façon que Camille dans La Quête d’Ewilan, on suit ici le personnage de Jacob qui découvre malgré lui un monde parallèle bien plus attrayant que la réalité qu’il côtoie. Intrigué par les découvertes récentes sur le passé de son grand-père, le jeune garçon se lance dans une enquête sur des phénomènes étranges, qui le dépassent.

Cette quête de la vérité devient rapidement une obsession : Jacob plonge littéralement dans un monde éloigné de la réalité, qu’il est le seul à pouvoir appréhender. Alors que son entourage met les extravagances de l’adolescent sur le compte du traumatisme, Jacob ne se démonte pas. Il est persuadé que les délires de son grand-père n’étaient pas si incohérents qu’il n’y paraissait. Envers et contre tous, il continue donc ses recherches et se rend sur les lieux des mystérieux incidents décrits par son aïeul. La rencontre avec une jeune fille très particulière va définitivement envoler les derniers doutes de Jacob et changer le cours de sa vie.

 

 

Nous découvrons en même temps que le narrateur un univers enfoui dans les ténèbres, dissimulé du monde extérieur, qui semble répondre à une logique temporelle bien particulière. Figés à jamais dans le temps, tous les personnages de cet orphelinat ont en effet grandit pendant la seconde guerre mondiale mais ne sont jamais sortis de cette époque. Petit à petit, Jacob va trouver des réponses aux nombreuses questions qui fusent dans sa tête et rassembler chaque pièce du puzzle sur le passé de son grand-père et son implication dans cet univers parallèle.

Avec Miss Peregrine, Ransom Riggs signe une série fantastique haute en couleurs avec des personnages particuliers et très attachants. La menace extérieure qui pèse sur chacun d’eux rend cet univers encore plus instable et terrifiant, ce qui participe à l’implication obsessionnelle du jeune narrateur et la nôtre. Mais sous cette couche fantastique se dissimule des faits historiques réels, liés à la seconde guerre mondiale. Le point de départ de cette histoire est en effet lié au personnage du grand-père qui a subi les sévices du nazisme : cet élément narratif constitue la base du récit. Le monde parallèle élaboré par l’auteur est établi comme une allégorie des persécutions à cette époque. Fantastique et réalisme se mélangent de façon implicite : de la même façon que les juifs, ces enfants si particuliers se cachent du monde extérieur et cherchent à tout prix à éviter un bombardement par les nazis qui causerait leur perte. Plus largement, la mise en place de cet orphelinat est une image singulière qui montre de façon grandiose l’absurdité et la cruauté des persécutions par les humains à l’encontre des minorités.

 

Conclusion :

Entre fantastique et réalisme, ce récit pour adolescents met en scène un monde sombre et envoûtant, porté par des personnages aux allures très particulières. Dès les premières pages, on se dit que l’adaptation cinématographique de cet univers décalé ne pouvait être réalisée que par une personne : Tim Burton.

 

La Sélection (tome 4)

Auteur : Kiera Cass

Genre : Littérature jeunesse, Dystopie

Date de publication : 2015

Éditeur : Robert Laffont

Pages : 410

 

 

 

Résumé :

Il y a vingt ans, America Singer est entrée dans la sélection et a gagné le cœur du prince Maxon. Maintenant le temps est venu pour la princesse Eadlyn de suivre les traces de ses parents en ayant sa propre sélection. Eadlyn ne s’attend pas à ce que sa sélection soit aussi belle que celle de ses parents. Mais, alors que la compétition commence, elle découvre que trouver son propre bonheur n’est peut-être pas aussi difficile qu’elle le croyait.

 

Mon avis :

Après le succès de la dernière Sélection, nos personnages sont de retour dans un rôle bien différent du précédent. D’acteurs principaux, ils passent parents, suggérant eux aussi à leur enfant de participer à une nouvelle Sélection. Depuis de nombreuses années, le roi Maxon a aboli le système de castes tant dénoncé par sa femme et le peuple d’Illéa. Pourtant, les troubles sont toujours présents, si bien que la Sélection semble être le moyen idéal pour apaiser les tensions, le temps de quelques semaines. Néanmoins, l’organisation est particulière puisqu’il ne s’agit pas de conquérir le cœur d’un prince mais d’une princesse. Cet inversement des sexes redonne une certaine fraîcheur à un jeu très ancien. Il est également intéressant pour le lecteur puisqu’il suggère un changement de point-de-vue : d’une prétendante, on passe au regard central de l’héritière du trône. On découvre alors que les préoccupations sont radicalement différentes, mais que les sélectionnés ne sont pas les seuls à être observés de près.

 

 

On retrouve donc avec plaisir le système de la Sélection, conclu de façon magistrale dans le tome précédent. Toutefois, l’expérience est très différente cette fois-ci et ce, notamment à cause du changement de narratrice. Le portrait dressé de la jeune Eadlyn est réalisé aux antipodes de ses deux parents, aussi bien physiquement que dans son comportement. Alors que son père l’incite fortement à participer à la Sélection, elle n’a qu’une envie : être tranquille et s’occuper des affaires du palais. Cette reine en devenir n’a en effet pas un caractère facile et franc-parler assez agaçant. Malgré un manque flagrant de confiance en elle, il est parfois difficile de comprendre et de s’attacher à ce personnage. Ses relations avec son frère et deux des prétendants sont malgré tout très touchantes, dans la mesure où elles dévoilent une grande fragilité. Contrairement à sa mère, Eadlyn recherche un contrôle constant de ses actes et de ses émotions, si bien qu’elle préfère se réfugier dans le travail. L’arrivée d’une horde de garçons et la médiatisation qu’ils suscitent va donc chambouler l’équilibre intérieur de la jeune femme.

 

Conclusion :

Un quatrième tome intéressant dans la réincarnation de la traditionnelle Sélection, mais qui est essoufflé par un personnage antipathique. Difficile donc de s’attarder sur ce nouvel opus, malgré un goût très prononcé de l’auteure pour les fins en suspense.