Arrêt non demandé

Auteur : Arnaud Modat

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2017

Éditeur : Alma

Pages : 152

 

 

 

 

Résumé :

Dans la maison Modat, on rit, on blague, on s’insurge, on affronte. Tout commence par la rédaction d’un enfant de huit ans. Explosif : « J’aimerais raconter mes vacances si ça ne dérange personne, où plutôt une chose qui m’est arrivée pendant les vacances et qui a failli gâcher ma belle jeunesse. » La vie étant ce qu’elle est sur l’échelle du temps, résumons les épisodes : la paternité, la responsabilité, l’art d’exister et de disparaître… Tout cela : grave, et furieusement désopilant.

 

Mon avis :

Dans ce roman faussement romanesque, six histoires se succèdent. On cherche rapidement le lien entre tous ces personnages qui apparaissent quelques instants sur le devant du récit, pour finalement se rendre compte qu’il n’y en a aucun, du moins pas directement. Arrêt non demandé se compose en réalité de plusieurs nouvelles qui, mises ensemble, forment une fresque de vie. Du petit garçon joyeusement lucide au futur père de famille sexuellement désorienté, cette galerie de portraits qui compose le livre d’Arnaud Modat est à la fois multiple et inconditionnelle. Au moment du récit, chaque personnage est ancré dans une situation bien particulière, mais il émane de leur comportement et de leur pensée quelque-chose d’universel, ce qui les rend touchants et il devient alors facile de s’identifier à eux.

 

 

Arrêt non demandé est un objet littéraire curieux qui peut dérouter. Outre sa forme plus proche du recueil de nouvelles que du roman, Arnaud Modat adopte un ton décalé qui provoque autant le rire que l’incompréhension. Face à l’absurdité de certaines situations, on est dérouté, désemparé, scandalisé… Mais on garde le sourire aux lèvres. Comme tant d’autres, ce récit s’inscrit avec originalité dans cette mouvance littéraire qui met en valeur des sujets graves, quotidiens, de façon lumineuse. De la fiction émane une leçon de vie qui ne se veut pourtant pas moraliste : la parole est donnée à ces personnages qui nous ressemblent et nous apprennent à vivre par leurs propres expériences déchues.

Chaque histoire est comme une surprise : on ne sait pas comment sera faite la suivante. Face à cet enchaînement rapide des chapitres, le cœur balance entre frustration et excitation. De fait, il est difficile de quitter une ambiance et des personnages propres à chaque récit, mais quel plaisir de découvrir le suivant ! L’écriture d’Arnaud Modat module également au fil des pages. On retrouve le même style – direct, décalé, familier, mais non dénué de poésie – ajusté au personnage qui prend la parole, conférant ainsi une crédibilité à chaque portrait.

 

Conclusion :

Un récit haut en couleurs, qui peint une galerie de portraits à la fois universels et déjantés. Le ton est annoncé sur la couverture : « Si j’étais une fleur, je serais bien embêté… pour me servir des digicodes. » Car quoi de mieux que le rire pour aborder des situations embarrassantes ?

Merci aux éditions Alma pour cette découverte aussi surprenante que touchante.

 

One comment

Laisser un commentaire