Coeur Guimauve

Auteur : Cathy Cassidy

Genre : Littérature jeunesse

Date de publication : 2014

Éditeur : Pocket jeunesse

Pages : 288

 

 

 

Résumé :

Skye et Summer Tanberry sont des jumelles identiques, et Skye aime sa soeur Summer plus que quiconque au monde. Elles font tout ensemble; mais récemment, Skye a eu envie d’être aussi cool que sa soeur. C’est l’histoire de sa vie. Et quand son ami Tommy lui avoue être tombé amoureux non pas d’elle mais de Summer, cela la blesse.

Skye veut avoir sa propre personnalité, mais avec une jumelle aussi cool, comment peut elle faire?
Est ce que Skye réussira à sortir de l’ombre de sa soeur et a trouver sa propre manière de briller?

 

Mon avis :

Ce deuxième tome de la saga Les filles en chocolat met en scène la relation fusionnelle entre deux sœurs jumelles, à travers le point-de-vue de l’une d’entre elles. L’utilisation de la focalisation interne est intéressante dans ce récit : grâce à elle, le lecteur a accès à l’intériorité de la plus discrète des sœurs et a donc les moyens d’aller au-delà des apparences. Vus de l’extérieur, ces deux personnages sont identiques : même visage, même passion. La seule différence visible semble venir du caractère : l’une est rayonnante, l’autre plus réservée. Tout le monde n’a d’yeux que pour Summer, si bien que Sky reste dans l’ombre de sa sœur. Comment se démarquer d’une personne aussi lumineuse et sympathique, tout en gardant sa personnalité ?

Au fil des pages, le lecteur découvre donc les spécificités de Sky, y compris ses troubles vis-à-vis de sa sœur. L’expression « ne faire qu’un » semble avoir été écrite pour elles, et pourtant Sky souhaite s’en détacher. Summer développe un talent certain pour la danse, tandis que sa cadette est attirée par l’histoire, et plus particulièrement par les années 1920. Alors qu’elle rangeait le grenier, leur mère tombe sur une vieille malle qui appartenait à l’une de ses ancêtres. Son contenu est un véritable trésor pour Sky : vieux vêtements, violon, lettres d’amour… Tous ces objets renferment une histoire mystérieuse et passionnante qu’elle compte bien élucider. Sa curiosité va même plus loin : le destin apparemment funeste de cette ancêtre va véritablement l’obséder, jusqu’à hanter ses rêves.

 

 

Comme dans le tome précédent, Cathy Cassidy nous livre un récit à la fois divertissant et enrichissant sur la construction identitaire d’une pré-adolescente. Son écriture fluide permet au lecteur de se mettre facilement dans la peau d’un personnage. On reconnaît la plume très expressive de cette auteure qui, pourtant, reste malléable suivant l’âge et la personnalité de chaque héroïne. Les quelques clins d’oeil aux événements du tome précédent sont également agréables à la lecture : Cherry devient un personnage secondaire dans cœur guimauve, mais le lecteur reste proche d’elle.

 

Conclusion :

Une saga jeunesse qui présente une qualité semblable au fil des tomes : à l’image du précédent, Cœur Guimauve est une friandise à dévorer. L’écriture malléable de Cathy Cassidy rend l’intériorité de la jeune héroïne vraisemblable et riche. Le récit permet au lecteur de découvrir les troubles et les questionnements d’une adolescente en quête d’identité. Face à la fraîcheur de ce deuxième tome, on ne souhaite qu’une chose : passer au suivant !

 

Les apparences

Auteur : Gillian Flynn

Genre : Thriller

Date de publication : 2012

Éditeur : Le Livre de Poche

Pages : 687

 

 

 

Résumé :

« À quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’est-ce qui nous attend ? Autant de questions qui, je suppose, surplombent tous les mariages, tels des nuages menaçants. »

Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari Nick, propriétaire d’un bar, forment, selon toutes apparences, un couple idéal. Ils ont quitté New York deux ans plus tôt pour emménager dans la petite ville des bords du Mississipi où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant du travail, Nick découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. Quelque chose de grave est arrivé. Après qu’il a appelé les forces de l’ordre pour signaler la disparition d’Amy, la situation prend une tournure inattendue. Chaque petit secret, lâcheté, trahison quotidienne de la vie d’un couple commence en effet à prendre, sous les yeux impitoyables de la police, une importance inattendue et Nick ne tarde pas à devenir un suspect idéal. Alors qu’il essaie désespérément, de son côté, de retrouver Amy, il découvre qu’elle aussi cachait beaucoup de choses à son conjoint, certaines sans gravité et d’autres plus inquiétantes. Si leur mariage n’était pas aussi parfait qu’il le paraissait, Nick est néanmoins encore loin de se douter à quel point leur couple soi-disant idéal n’était qu’une illusion.

 

Mon avis :

Adapté au cinéma en 2014 sous le titre Gone Girl, ce thriller psychologique est un best-seller encore aujourd’hui. Sa dimension universelle réside dans la banalité apparente d’une histoire qui, en réalité, est bien moins lisse qu’elle n’y paraît. Le roman se compose en trois parties, aussi uniques et surprenantes les unes que les autres, dans l’ambiance qu’elles proposent.

La première partie est introductive et présente le quotidien d’un couple de trentenaires traversant une période de trouble, aussi bien d’un point-de-vue financier qu’affectif. La description des obstacles qu’ils rencontrent donne lieu à un portrait de ces deux personnages. Au fil des pages, le lecteur croit donc connaître aussi bien la personnalité du mari un peu paumé et lassé des diverses contraintes du mariage que celle de la femme fatiguée mais compatissante. Toutefois, l’événement tragique qui survient très rapidement dans le récit, à savoir la disparition violente et inexpliquée d’Amy, pousse la police comme le lecteur à porter ses soupçons sur Nick qui semble peu touché par cette tragédie. Le talent narratif de Gillian Flynn réside justement en ce point : elle conduit la trame romanesque de façon subtile afin d’amener le lecteur à penser (et se tromper!) comme elle le souhaite. Elle manie aussi bien l’intrigue et ses personnages que son lectorat, si bien que le récit prend constamment des tournures inattendues.

 

 

Alors que la première partie peut paraître un peu longue, la deuxième arrive de façon soudaine. L’auteure opère un bouleversement narratif qui change radicalement le rythme de lecture. D’une ambiance banale et un peu pâteuse survient une tension palpable et une angoisse progressive. Ce changement brutal provient du portrait des personnages que l’on croyait avoir parfaitement cernés. Pendant les 300 pages précédentes, on s’habitue sans s’en rendre compte à une certaine lenteur dans l’écriture qui, bien qu’ennuyeuse à la lecture parfois, peut s’avérer très confortable. Bien qu’il comporte trois parties, le récit est construit de la même façon du début à la fin, c’est-à-dire selon une alternance régulière des points-de-vues entre Nick et Amy. Ce qui rend le retournement de situation caractéristique de la deuxième partie encore plus virtuose. Le lecteur a accès à l’intériorité des deux personnages et pourtant il découvre que, comme la police ou les médias, il s’est fait berner. On retrouve ici la dimension psychologique de ce thriller, puisque l’intérêt du roman réside plus dans la manipulation opérée par les personnages que dans la résolution d’une enquête, expliquée au lecteur à la moitié du récit.

La dernière partie du livre possède également un intérêt certain, bien qu’elle soit beaucoup plus concise que les deux précédentes. Elle contient en effet le fin mot de cette histoire aussi complexe qu’effrayante. Là encore, Gillian Flynn sait surprendre : le caractère sombre de l’intrigue nous amène à envisager de nombreuses hypothèses pour la conclusion de ce roman, qui n’a finalement rien de spectaculaire. On peut donc ressentir une petite déception face aux dernières pages de ce roman qui nous a tenu en haleine pendant un long moment de lecture. L’auteure a sans doute préféré privilégier l’effet de surprise et la vraisemblance du récit qui, une fois de plus, produit des sueurs froides au lecteur à partir d’une situation pourtant très calme.

 

Conclusion :

Un thriller psychologique très réussi. Gillian Flynn a su créer une intrigue en apparence très banale mais qui dissimule en réalité des portraits de personnages effroyables. Grâce à un sens subtile et efficace de la mise en récit, les jeux de manipulation dépassent le cadre du roman, suscitant ainsi des effets de surprise grandioses chez le lecteur. A lire !

J’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune avec Kathleen, du blog « A-livre-ouvert ». Voici son avis : http://a-livre-ouvert.cowblog.fr/les-apparences-gillian-flynn-3276710.html

 

Le jour où Anita envoya tout balader

Auteur : Katarina Bivald

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Éditeur : Éditions Denoël

Pages : 459

 

 

 

Résumé :

Anita a 38 ans et élève seule sa fille Emma qui a 18 ans et décide un beau jour de partir faire ses études loin de sa mère. Anita ressent un grand vide, elle a beaucoup de temps libre, les week-ends sont tristes. Elle se souvient de ses 18 ans et des trois vœux qu’elle avait faits : avoir une moto, avoir une maison et être indépendante. Elle est indépendante, certes, mais pour ce qui est des deux autres vœux… Elle décide de passer son permis moto, encouragée par ses deux bonnes copines… et par le physique irrésistible de Lukas, le moniteur de l’auto-école. Peu à peu, Anita va en apprendre beaucoup plus sur elle, sa fille et sa mère, tout en partageant fous-rires et soirées un peu arrosées avec ses copines.

 

Mon avis :

Dans ce nouveau roman de Katarina Bivald, on retrouve un thème cher à l’auteure. Comme dans La bibliothèque des cœurs cabossés, Le jour où Anita envoya tout balader trace le portrait d’une femme effacée qui, suite à un événement marquant, décide de prendre sa vie en main, quitte à s’attarder sur le devant de la scène. Ainsi, la vie d’Anita tourne exclusivement autour de sa fille. Jusqu’au jour où cette dernière part faire ses études loin de la maison familiale, laissant alors sa mère face au vide généré par son départ. Depuis de nombreuses années, Anita travaille à Extra-Market : elle s’est forgé une vie remplie par un boulot et quelques soirées entre amies, qui lui offraient un sentiment de plénitude. Toutefois, le départ de sa fille agit comme un élément révélateur sur cet univers bancal qu’elle s’est créé. Anita devient alors lucide sur cette vie qui ne correspond en rien à ses attentes et ses espérances de jeune femme. L’insouciance qui gouvernait ses 18 ans s’est envolée et, pourtant, ses rêves ne l’ont pas quittée. Dans un élan de prise en main, Anita décide de passer son permis moto et ainsi, de vivre non plus seulement pour les autres mais aussi pour elle-même.

 

 

Une fois de plus, Katarina Bivald élabore des portraits de personnages hauts en couleurs. On s’attache facilement à l’héroïne comme aux personnes qui composent son entourage. Ensemble, ils forment une galerie qui entre parfaitement dans le genre de la chick-lit : un personnage principal au grand cœur mais qui a tendance à disparaître derrière les autres, une fille absente qui découvre le monde, des amies dévouées, et un beau jeune homme qui fait chavirer les esprits (surtout celui de l’héroïne). Peu d’originalité donc dans ce schéma romanesque mis en récit à maintes reprises. Seule se démarque la relation d’Anita avec sa mère qui est, de fait, touchante. La complexité du lien qui unit les deux femmes est à l’origine du comportement d’Anita qui peut paraître insensé face à certaines situations. Ainsi, elle fait preuve d’une véritable obsession lorsqu’elle apprend que sa mère a eu un amant. En recherchant avec frénésie l’identité de cet homme, elle réalise malgré elle un transfert sur sa propre relation avec son jeune amant, qui ne pourra être résolue qu’une fois sa quête achevée. Alors qu’Anita cherche à accomplir ses rêves de jeune femme, aux dépends de sa vie de mère, elle prend connaissance de la vie sentimentale de sa mère et découvre ainsi qu’elle était, elle aussi, une femme avant tout.

 

Conclusion :

Un roman de chick-lit réussi, si on est adepte du genre. Malgré un manque d’originalité probant, Katarina Bivald nous offre une fois de plus un récit de vie divertissant, grâce à une galerie de personnages attachants. Une lecture idéale pour l’arrivée des beaux jours !

 

Phobos, origines

Auteur : Victor Dixen

Genre : Littérature Young-Adult

Date de publication : 2016

Editeur : Robert Laffont

Pages : 304

 

 

 

Résumé :

Ils incarnent l’avenir de l’Humanité.

Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars.

Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.

Ils dissimulent un lourd passé.

Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs sur les  » héros de l’espace  » ?
Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu’il ne soit trop tard.

 

Mon avis :

Dans ce nouvel opus de la saga spatiale, Victor Dixen revient sur les origines des six prétendants du programme Genesis : quelle est leur histoire ? Qu’est-ce qui a poussé chacun d’entre eux à se lancer dans cette aventure à la conquête de Mars ? Toutes ces interrogations sur la vie des personnages trouvent une réponse dans un roman choral : les points-de-vues s’alternent, donnant un rythme de lecture intense, et finissent par se recouper. Tour à tour, les garçons prennent la parole, nous livrent leur intériorité et dressent ainsi six portraits très différents mais tout à fait crédibles. Toutefois, le programme Genesis n’est jamais très loin.

Alors que le lecteur, connaisseur ou non de la saga, apprend rapidement à connaître chaque prétendant, les chapitres alternent entre « voix on » et « voix off », partageant alors les différentes étapes avant la sélection de chaque candidat. Mais, contrairement aux deux premiers tomes de la saga, le point-de-vue adopté est toujours celui du prétendant, nous n’avons en aucun cas accès à la face cachée de la caméra. L’objectif de ce récit « hors série » est de faire une pause dans l’intrigue de la saga Phobos, afin de mettre en lumière les raisons qui font que ces six garçons se sont lancés dans le programme Genesis.

 

 

Une fois de plus, la richesse de l’imagination de l’auteur est au rendez-vous. Non pas dans la construction d’un univers de science-fiction, mais dans l’élaboration de six parcours de vie, aussi passionnants les uns que les autres. Pour chaque histoire, le récit prend une tournure inattendue, créant constamment un effet de surprise chez le lecteur. Phobos possède cette qualité romanesque mise en scène de façon remarquable par l’auteur : le suspense est à son comble et est ici renforcé par un rythme de lecture à toute épreuve. La construction du récit en six actes, ainsi que l’alternance des voix hors antenne rendent le récit savoureux et inscrivent la lecture dans un rapport de dévoration.

Chez Victor Dixen, suspense rime avec frustration : encore une fois, le livre se finit en apothéose par une révélation qui ne manque pas de renforcer un désir déjà insatiable de lecture ! Alors qu’il nous avait habitués à un récit compris dans une pagination très dense, l’histoire de chaque prétendant est ici relatée dans une cinquantaine de pages seulement. Cet espace d’écriture minime bouscule le lecteur : il met à mal la relation d’attachement à chaque personnage. Contrairement aux deux premiers tomes, Phobos origines possède une galerie de personnages réduite, tous élevés au rang de héros. Le caractère et l’histoire uniques de chacun créent des affinités plus ou moins grandes selon chaque lecteur, mais celui-ci est malgré lui poussé à s’attacher à chaque prétendant. La séparation entre chaque acte est, de fait, encore plus douloureuse !

 

Conclusion :

Ce nouveau volet est sans aucun doute le plus abouti de la saga Phobos. La qualité d’écriture et la construction du récit gagnent en maturité et offrent un roman choral passionnant. La patience du lecteur est mise à rude épreuve grâce à une mise en scène rythmée et très bien ficelée. Vivement la suite !

 

Joyeux suicide et bonne année

Auteur : Sophie de Villenoisy

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Éditeur : Denoël

Pages : 176

 

 

 

Résumé :

«Tu fais quoi à Noël? Moi je me suicide et toi? »

Bien sûr, dit comme ça, ça peut paraître sinistre, mais à quarante-cinq ans c’est ma meilleure option. Ce n’est pas comme si je faisais des malheureux autour de moi. Comme si j’abandonnais mari et enfants. Je n’ai ni chien ni chat. Même pas un perroquet pour me pleurer. Et puis ça me laisse deux mois pour faire connaissance avec mon vrai moi. Deux mois c’est court. Ou long, ça dépend de ce qui se passe, en fait.

 

Mon avis :

A quarante-cinq ans, Sylvie n’attend plus rien de son existence. Entre une vie professionnelle bien remplie mais fastidieuse et une vie privée déserte, elle se retrouve confrontée à une solitude qu’elle ne supporte plus. Dans un dernier élan de prise en main, elle décide toutefois de consulter un psy. Alors qu’elle lui dévoile son mal-être et son projet de mettre fin à ses jours lors de la première séance, Franck l’encourage à fixer la date de son suicide. Abasourdie par cette réponse pour le moins inattendue, Sylvie programme donc sa mort pour le jour de Noël. Il lui reste donc quelques semaines à peine pour mettre ses affaires en ordre et profiter de ses derniers instants.

Joyeux suicide et bonne année est un roman surprenant. L’auteure adopte en effet un ton toujours léger et bienveillant pour traiter d’un sujet sinistre. Le livre s’ouvre sur le profond mal-être d’une femme qui, malgré sa réussite professionnelle n’est pas heureuse. Au fil des séances chez le psy, elle repousse les limites d’une personnalité et d’un caractère qui semblent être la cause de sa dépression. Sylvie n’est pas seule, mais presque : son unique amie, aussi mal dans sa peau qu’elle-même, ne parvient pas à combler cette solitude suffocante. Au fil du court laps de temps qu’il lui reste, elle apprend malgré elle à s’ouvrir aux autres, à commencer par son milieu professionnel. Sa jeune assistante lui offre une vague de vitalité qui lui permet de se dépasser.

 

 

A travers le parcours d’une quadragénaire, Joyeux suicide et bonne année est une ode à la vie, qui se lit et se dévore. Cette fraîcheur dans l’écriture est ce qui fait la force de ce récit, à savoir aborder un thème grave et pesant sur un ton toujours léger. On ressort de cette lecture avec une joie de vivre immense. Malgré tout, cet élément romanesque marque également la limite du roman, qui l’assigne à un rang plus divertissant qu’intellectuel. La plume de Sophie de Villenoisy est fluide, agréable à lire, mais ne recherche pas l’effet de style. Le langage adopté oscille entre une pauvreté des dialogues et le recours à une familiarité dans des situations cocasses. Le portrait de cette femme à la dérive se veut touchant, notamment à travers le dévoilement de son intériorité, mais est réalisé de manière grossière. Les ficelles sont parfois trop visibles dans la construction du récit, ce qui efface tout effet de surprise possible pour le lecteur. Le roman possède une scène emblématique dans laquelle l’héroïne se retrouve confrontée à elle-même à travers la figure d’une femme déchue. La situation suscite un trop plein d’émotions chez le personnage qui ne se transmet malheureusement pas au lecteur, par l’absence de subtilité dans la description de la scène. Dommage !

 

Conclusion :

Un roman qui met en scène de façon lumineuse la renaissance d’une femme qui avait perdu le goût de vivre. La rencontre de cette quadragénaire avec des personnages frais et marquants lui permet de se dépasser, de laisser ses complexes de côté pour retrouver petit à petit un intérêt à son existence. L’écriture simple et sans prétention de Sophie de Villenoisy rend la lecture très divertissante, trop peut-être.