Beaux rivages

Auteur : Nina Bouraoui

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Editeur : JC Lattès

Pages : 245

 

 

 

Résumé :

C’est une histoire simple, universelle. Après huit ans d’amour, Adrian quitte A. pour une autre femme : Beaux rivages est la radiographie de cette séparation.

Quels que soient notre âge, notre sexe, notre origine sociale, nous sommes tous égaux devant un grand chagrin d’amour.

Les larmes rassemblent davantage que les baisers.

J’ai écrit Beaux rivages pour tous les quittés du monde. Pour ceux qui ont perdu la foi en perdant leur bonheur. Pour ceux qui pensent qu’ils ne sauront plus vivre sans l’autre et qu’ils ne sauront plus aimer. Pour comprendre pourquoi une rupture nous laisse si désarmés. Et pour rappeler que l’amour triomphera toujours. En cela, c’est un roman de résistance.

 

Mon avis :

Dans ce nouveau roman, Nina Bouraoui décortique méticuleusement les étapes qui suivent la rupture amoureuse. La narratrice A., dont l’item se veut volontairement universel, a été quittée pour une autre femme. Difficile d’accepter cette situation initiale, ô combien blessante, avant-tout pour son amour-propre. A travers ce portrait de femme dévastée, gouvernée par un pathos plombant, c’est celui de tous les laissés pour compte par l’amour qui est décrit. Car A. n’est pas maître de cette situation qui la dépasse. Cependant, elle reste dans une position active, comme si un être tout autre émanait d’elle petit à petit, et lui configurait ainsi une personnalité nouvelle, frôlant avec les limites du raisonnable. La femme simple et discrète laisse la place à une boule de nerfs, jonglant tantôt avec la dépression, tantôt avec l’obsession pour celui qui fut l’être aimé.

 

 

Beaux rivages offre donc la parole à ceux que la société tend à cacher : les personnes qui vont mal, qui subissent un traumatisme amoureux. Ce portrait est réalisé avec un réalisme fulgurant : on s’y retrouve, on s’y perd. Les différents comportements de A., plus ou moins déplacés et délirants, rappellent des situations vues ou vécues : on décèle des clins d’oeil de la part de l’auteure à chaque coin de page. Une seule émotion émane à la lecture de ce roman : la pitié. Beaux rivages est écrit de façon à faire retentir en nous l’écho de la rupture : on compatit au chagrin de A. Pourtant, cette compassion atteint une certaine limite, dans la mesure où il est rapidement difficile de s’attacher à cette héroïne pathétique et pulsionnelle. Et pour cause : le récit est construit de façon à nous accorder un accès illimité à ses pensées. Cette situation de femme nous renvoie à notre propre image, et c’est sans doute ce qui nous rebute.

La relation au corps occupe également une place primordiale dans le roman et participe à la métamorphose de la narratrice. Il agit indépendamment, comme le témoin d’un mal-être. La rupture est alors décrite de façon physique, prenant la solitude comme principal allié. La nourriture rebute, la sexualité aussi. Le corps cherche à se débarrasser de toutes ces situations de la vie quotidienne qui le relient à l’être aimé. Cet attachement au-delà de la présence physique est réalisé de façon subtile par l’auteure qui décrit parfaitement la difficulté de son héroïne à surmonter ces tracas pour le moins pesants.

Avec Beaux Rivages, Nina Bouraoui illustre avec une certaine dramaturgie cette idée selon laquelle l’amour n’est pleinement vécu que lorsqu’il prend fin. Elle interroge alors son lecteur sur cette question : peut-on affirmer aimer quelqu’un sans avoir vécu de chagrin d’amour ?

 

Conclusion :

Parler d’amour du point-de-vue des abandonnés. Tel est le défi que s’est imposé Nina Bouraoui dans ce nouveau roman qui livre un portrait de femme troublant, dans lequel plus d’un lecteur pourra se reconnaître.

 

Continuer

Auteur : Laurent Mauvignier

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Éditeur : Les Éditions de Minuit

Pages : 240

 

 

 

Résumé :

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.

Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

 

Mon avis :

Continuer est un de ces livres rares qu’on aimerait recommencer une fois terminés. Il nous suit longtemps après l’avoir refermé : comme lors d’une rencontre amoureuse, on ne peut s’empêcher de penser à lui, au tourbillon de sentiments qu’il a su déclencher en nous. Ce roman est celui d’une relation houleuse entre une mère et son fils, constamment mise à l’épreuve par les attentes et les comportements de chacun. Un thème d’une banalité apparente, mais qui, sous la plume de Laurent Mauvignier, revêt une dimension fabuleuse.

Mère célibataire, Sybille se bat chaque jour pour garder la tête haute, malgré un homme qui éblouit par son absence et un adolescent à la dérive. Suite à une soirée qui a mal tourné pour son fils, elle prend la décision folle et désespérée de chercher un dépaysement total à travers un road-trip sur les terres du Kirghizistan. Sybille ne maîtrise plus rien, mais elle est convaincue que ce voyage à cheval est la solution pour débloquer cette situation infernale et permettre à ce fils qu’elle ne comprend plus de s’ouvrir au monde. Elle est cependant loin de se douter qu’il ne sera pas la seule personne à devoir sauter des obstacles bien plus grands que lui.

 

 

Nous découvrons donc en même temps que ces deux personnages les paysages de ce sol lointain. Les descriptions n’affluent pas, pourtant l’ambiance et des parfums du Kirghizistan se font sentir à travers les mots. Dépaysant mais aussi enrichissant, ce voyage est l’occasion pour le lecteur d’en apprendre plus sur la personnalité et le passé de Sybille. Qui est vraiment cette femme prête à tout pour remettre son fils sur le droit chemin ? D’où lui vient cet acharnement ? Car, sous ses airs d’une grande fragilité, elle se révélera être quelqu’un de beaucoup plus fort que les personnes nocives qui l’entourent.

Continuer est donc un roman du dépaysement, de la découverte de soi, mais également de la violence. Violence des mots, violence des actes, le portrait de Samuel revêt tous les aspects de l’adolescent perdu, à la recherche d’un monde idéal, bien loin de celui de sa mère. La plume de Laurent Mauvignier a cette capacité à nous ouvrir les portes du psychisme de chacun de ses personnages. Au désespoir d’une mère atterrée succède la provocation et le replis sur soi d’un fils incompris. Chaque monde intérieur nous est livré sans recul, avec violence et beauté, grâce à une écriture subtile, littéraire et rythmée, agissant comme une respiration saccadée. Nous sommes la tête sous l’eau le temps d’un récit qu’il est difficile de quitter, même après le point final. Le tumulte d’émotions qui ressort des personnages et de cette relation, à la fois destructrice et bienfaisante, est si contagieux qu’il nous arracherait une larme souriante. Le lien musical qui ressort de cette épopée tragique achève le lecteur qui n’aurait pas encore succombé à la beauté du texte de Laurent Mauvignier.

 

Conclusion :

Un roman coup de poing, coup de cœur, qui balance entre violence des sentiments et sublime d’une relation filiale. La plume de Laurent Mauvignier nous fait voyager, nous transporte bien au-delà d’une parenthèse littéraire. Son livre reste en mémoire longtemps après l’avoir refermé, tout comme les notes de David Bowie…

 

Petit pays

Auteur : Gaël Faye

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Éditeur : Grasset

Pages : 224

 

 

 

Résumé :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

 

Mon avis :

Roman d’enfance, roman de guerre, Petit pays se présente comme un récit qui mêle les thèmes pour finalement se rassembler en un : l’identité. A l’insouciance de l’enfance succède la lucidité d’un jeune homme sur ses origines. Comment le bagage culturel s’impose-t-il à nous ? Et surtout, comment l’apprivoise-t-on ? Autant de questionnements auxquels Gabriel va être confronté dans le pays de sa mère, celui de son enfance, à savoir le Rwanda. Pour lui et ses copains, la discrimination n’existe pas : ils appartiennent tous au même monde, celui de l’enfance régit par les jeux, l’amusement. Jusqu’à ce que le génocide Tutsi arrive : la haine et la violence des adultes déteint alors sur ces enfants, désormais guidés par un sentiment identitaire fort. On s’inscrit dans une communauté, de part la naissance, qu’il s’agit d’honorer avant tout.

 

 

Avec ce premier roman, Gaël Faye impose un style d’écriture à la fois poétique et extrêmement lucide. Suivant un récit composé en deux parties, l’avant et l’après génocide, cette plume mimétique devient grave dès que la violence des armes, des mots, apparaît. Alors que la première partie du roman se veut légère, frivole, ennuyeuse parfois ; la seconde est au contraire teintée de noirceur, révélant ainsi la folie sombre des hommes. Tout ceci vu à travers les yeux d’un enfant de douze ans. Car quoi de plus fort, de plus touchant que de parler d’un pays à la dérive par le biais de l’insouciance ?

Pourtant, la barbarie des adultes agit comme un coup de massue sur ces enfants, qui prennent alors conscience de la réalité du monde contemporain et finissent par y participer. Cet équilibre entre la lumière et la part obscure des hommes est sans cesse mis à l’épreuve, spécialement dans la seconde partie du récit, et renforce l’équilibre-même du livre. Alors que l’ouverture renvoie souvent à une impression de naïveté lassante due à l’enfance, le reste du roman est intense, dévorant. De la noirceur de la guerre naît alors le style lumineux et poétique de Gaël Faye, celui qui retourne l’estomac, et le cœur.

 

Conclusion :

Un premier roman audacieux et personnel, qui attire l’émotion du public grâce à la mise en valeur d’un narrateur à la fois insouciant et terriblement lucide sur la condition rwandaise. Le style poétique et musical de Gaël Faye le propulse d’emblée en tête de la rentrée littéraire, dans la nôtre aussi. A lire !

 

Le dernier des nôtres

Auteur : Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Genre : Littérature contemporaine

Date de publication : 2016

Éditeur : Grasset

Pages : 496

 

 

 

Résumé :

« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme. Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon. Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant… Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.

 

Mon avis :

Avec ce nouveau roman, l’ambition d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre était de réaliser un récit haletant, addictif, qu’on referme avec peine. Pari donc réussi pour ce livre en apparence assez commun. Ce dernier est construit de façon originale, avec une alternance entre deux points-de-vues, entre deux époques. Au New York insouciant et frivole des années 1970 s’oppose l’Allemagne de la seconde guerre mondiale. Ces deux mondes que tout oppose sont néanmoins rapprochés par un personnage, le narrateur qui va peu à peu découvrir les origines de sa famille qu’il ne connaît pas. Werner est en effet un jeune homme actif, qui se retrouve propulsé dans les affaires et va progressivement prendre, avec son ami et associé, une place imposante.

Le roman débute donc par cette réussite professionnelle qui va néanmoins se voir bousculée par l’apparition d’une femme : la femme idéale, belle, mystérieuse et inaccessible. Une ouverture romantique et légère qui permet de réaliser une peinture fantasque et jeune des Etats-Unis. Mais cette dynamique est bien vite cassée par un saut dans le temps, celui des années 1945. Car, bien qu’il soit en apparence heureux, Werner possède un vide dans sa vie qu’il peine à combler : celui de ses origines. A la frivolité succède donc une ambiance sombre, macabre dans laquelle d’autres personnages vont évoluer, ou plutôt survivre, à savoir les parents et la famille du narrateur. Cette seconde partie de l’intrigue, développée en parallèle de la première, permet de donner du relief à une romance sans grande profondeur.

 

 

A travers cette chronique familiale, l’auteure peint une fresque historique sur les drames personnels qui ont eu lieu pendant la grande Histoire. Le récit gagne alors en intensité et en émotions, si bien que le roman en devient intéressant. Comme on pouvait s’en douter, les deux parties finissent par se recouper, pour donner une intrigue globale qui permet de tenir le roman debout. Toutefois, certaines ficelles romanesques demeurent apparentes, ce qui assombrit l’intérêt de la lecture. A ce bémol vient s’ajouter celui d’une écriture simpliste, certes addictive mais sans aucune recherche de style. Mais peut-être est-elle nécessaire pour rendre cette histoire réaliste et passionnante ?

 

Conclusion :

Une intrigue intéressante, prenante, qui prend place dans un récit construit en deux temps. Quand la petite histoire s’intègre à la grande, il en ressort un roman original, tantôt engagé, mais qui ne comble malheureusement pas une écriture sans grand intérêt.

 

La Fille du train

Auteur : Paula Hawkins

Genre : Thriller

Date de publication : 2016

Éditeur : Pocket

Pages : 456

 

 

 

Résumé :

Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

 

Mon avis :

A cheval entre thriller et roman psychologique, La Fille du train se situe dans la lignée des Apparences de Gilian Flynn. On remarque dès les premières pages de nombreuses similitudes entre les deux récits : un couple en apparence idéal, bien sous tous rapports. Jusqu’à ce que la vitrine éclate. L’alternance des points-de-vues présente à chaque chapitre va également dans ce sens et permet de donner un rythme scandé à l’intrigue.

Toutefois, le roman de Paula Hawkins possède de nombreux éléments romanesques qui lui sont propres, à commencer par ses personnages. En face du couple idéal se situe Rachel, la figure même de l’anti-héroïne. En proie à de nombreux maux, la jeune femme est à la dérive, aussi bien dans sa vie professionnelle que sur le plan intime. Quelques passages du récit, se présentant comme des flash-back, permettent d’en savoir plus sur sa vie antérieure et donc de comprendre les raisons qui l’ont poussée à être ce qu’elle est aujourd’hui. Depuis que son mari l’a quittée pour une autre femme, Rachel semble combler le grand vide de son existence par l’alcool qui devient rapidement une addiction.

 

 

L’auteure joue alors sur ce point précis pour instaurer le doute dans la tête du personnage et dans celle du lecteur. Elle est le témoin clé d’une enquête et, pourtant, son comportement incohérent et obsessionnel la discrédite entièrement. Le doute s’installe et constitue ainsi la base de l’intrigue. Car, même si nous avons accès à l’intériorité d’autres personnages, Rachel reste la narratrice de l’histoire. Sa fragilité psychologique se révèle donc être un gros handicap pour le lecteur qui remet en question ses dires. Là encore, les apparences occupent une place primordiale. Mais nous savons que les apparences sont trompeuses, surtout lorsqu’elles sont vues par un personnage qui n’inspire pas confiance. C’est là que se situe le talent narratif de Paula Hawkins : faire douter pour mieux manipuler. Une fois le portrait de ses personnages dressé, elle amène un élément qui vient chambouler l’idée que le lecteur a pu se faire de tel ou tel protagoniste. Si bien que les hypothèses quant au coupable présumé vont et viennent sans qu’on sache qui a vraiment tué Megan Hipwell. Finalement, on soupçonne tout le monde, sauf le meurtrier.

La Fille du train est donc un roman psychologique réussi, porté par une écriture simple mais efficace. Le lecteur se laisse facilement berner, sans doute pour son plus grand plaisir. Le rythme imposé par la succession des points-de-vues vient se confronter à celui du récit, qui fonctionne en crescendo. Alors que la première partie élabore le paysage et le chaos intérieur des personnages, la seconde donne un coup d’accélérateur à une dynamique assez lente d’observation. Nous sommes dans la tête de Rachel ; cependant, il est difficile de donner du crédit ou même s’attacher à ce personnage à la dérive. Son histoire personnelle permet de comprendre son comportement, sans toutefois l’approuver. Cette partie initiale du récit est finalement portée exclusivement par les délires d’une alcoolique en proie à un profond mal-être. Puis cette dimension contemplative est rompue par la disparition d’un personnage, ce qui va dérouter le récit et faire débuter une intrigue quelque peu macabre. Là encore, il ne faut pas se fier aux maigres connaissances offertes par l’auteure : elles ne sont données que pour aguicher et mieux manipuler le lecteur !

 

Conclusion :

Un roman psychologique intense, frustrant, qui joue avec les émotions des personnages et, a fortiori, celles du lecteur. Entre manipulations et faux-semblants, ce récit d’apparences est une véritable réussite. On en ressort pas indemne !